Les jardins en Égypte ancienne, des oasis de fraîcheur au pays de Kemet la noire

Isabelle Bourleau

 

Remarque : Ces petits textes ne constituent pas une étude réelle mais servent d'introduction aux trois conférences de Mme Isabelle Bourleau

« Les jardins en Egypte ancienne, des oasis de fraîcheur au pays de Kemet la noire »

Le jardin de Nebamon, fragment de paroi peinte (prob. TT 146), XVIIIe ou XIXe dynastie, British Museum, BM 37983.

Le jardin de Nebamon, fragment de paroi peinte (prob. TT 146), XVIIIe ou XIXe dynastie, British Museum, BM 37983.

Suite à leur environnement désertique, les anciens Egyptiens ont une expérience concrète des bienfaits apportés par les arbres. Grâce à leurs branchages, ils procurent de l’ombre, leurs fruits servent de complément alimentaire et entrent dans la composition de nombreux remèdes médicinaux tandis qu’une source d’eau se trouve souvent à proximité. C’est pourquoi les arbres et les arbustes occupent une place privilégiée dans les jardins.

Bien que les Egyptiens ne font pas spécialement de distinction entre leurs différents jardins, trois types peuvent être distingués : le jardin privé, le jardin des temples et le jardin funéraire. Tous trois reposent sur le même plan : une pièce d’eau entourée de plusieurs rangées de plantations. Parmi celles-ci, se trouvent essentiellement des sycomores, des palmiers-dattiers et des palmiers–doums.

Par l’analyse des sources épigraphiques, iconographiques et archéologiques, il sera possible de déterminer quelles sont les différentes fonctions du jardin dans la société pharaonique.

Jardin Tombe de Rekhmirê (TT100)

Jardin Tombe de Rekhmirê (TT100)

« Les arbres et la végétation dans les conceptions funéraires des anciens Egyptiens »

Bienveillants sur la terre, les arbres le sont également dans l’Au-Delà. Ils sont à la fois un havre de paix pour les défunts et un lieu d’apparition privilégié de certaines divinités dont Osiris, Rê, Nout et Hathor.

En comparant les informations contenues dans le Livre des Morts avec les représentations dans les tombes et sur les papyrus funéraires, il est possible de reconstituer le paysage végétal de l’Au-Delà tel que l’ont imaginé les anciens Egyptiens.

L’étude des différentes espèces végétales peuplant l’Au-Delà, qu’il s’agisse d’espèces cultivées ou d’espèces sauvages, permet de révéler les relations plus ou moins étroites unissant les divinités égyptiennes au monde végétal et aux arbres en particulier. Le cas d’Osiris sera particulièrement évoqué puisque ce dieu est intimement lié à la végétation, à l’agriculture et au Nil.

Champs des Souchets, tombe de Sennedjem (TT 1), XIXe dynastie

Champs des Souchets, tombe de Sennedjem (TT 1), XIXe dynastie.

« La Déesse-Arbre, la gardienne des portes de l’Au-Delà »

La Déesse-Arbre est une entité divine, exclusivement féminine, se manifestant par l’intermédiaire d’un arbre et en particulier d’un sycomore.

Cette divinité méconnue apparaît dans l’iconographie funéraire au début du Nouvel Empire. Il s’agit de l’aboutissement de la conception bienfaisante et régénératrice des arbres telle qu’on la trouve dans les trois grands corpus funéraires que sont les Textes des Pyramides, les Textes des Sarcophages et le Livre des Morts.

L’étude iconographique des différents modes de représentation de cette déesse mi-femme, mi-arbre permet de découvrir ses différentes fonctions ; dont la plus importante est de permettre au défunt de passer du statut de mort à celui de bienheureux parmi les dieux.

Il s’agit donc d’une déesse-mère ; au même titre qu’Isis, Nout ou Hathor, les trois grandes déesses du panthéon égyptien, auxquelles elle s’identifie parfois.

La Déesse-Arbre présente ses offrandes à Sennedjem et son épouse, tombe de Sennedjem (TT 1), XIXe dynastie

La Déesse-Arbre présente ses offrandes à Sennedjem et son épouse, tombe de Sennedjem (TT 1), XIXe dynastie.