Haroua, un influent dignitaire sous la dynastie kouchite à Thèbes

Charlotte Lejeune

 

Plan de la tombe d'Haroua

Plan de la tombe

Montage

Moins célèbre que d’autres grands dignitaires thébains des 25e et 26e dynasties, comme le gouverneur de Thèbes Montouemhat ou le prêtre-lecteur à la tombe si fabuleuse, Padiimenipet, Haroua n’en demeure pas moins un personnage clé pour la compréhension de l’occupation kouchite en Haute Egypte. Il est bien connu depuis longtemps grâce à une documentation importante comprenant pas moins de huit statues, et une tombe déjà visitée par Champollion mais faisant enfin l’objet d’études, de fouilles et de restauration par la mission archéologique italienne.

HarwaHaroua, descendant d’une grande famille thébaine, s’est mis au service de l’occupant nubien et particulièrement de la représentante de leur pouvoir en Egypte, la divine adoratrice Amenirdis, 1e du nom. Sa carrière le mena jusqu’à l’intendance de la maison de celle-ci, lui donnant tout pouvoir sur le domaine de la prêtresse et au-delà - comme l’ont montré les découvertes récentes dans sa tombe de l’Assassif - sur l’ensemble de la Haute Egypte.

Les recherches historiographiques et archéologiques de ces cinquante dernières années -  je pense particulièrement au travail de Jean Leclant et Herman de Meulanaere sur la Thèbes kouchite et saïte, avant celui de Franscesco Tiradritti, directeur de la mission actuelle dans la tombe d’Haroua – ont permis un développement des études et donc de nos connaissances sur la capitale de Haute Egypte aux VIII-VIe siècle avant notre ère et sur ses grandes figures qui y détenaient le pouvoir politique et religieux.