Auguste Mariette

Egyptologica

 

Statue de Mariette à Boulogne-sur-MerNé en 1821 à Boulogne-sur-Mer (France), Auguste Mariette se prend de passion pour l’Égypte suite à son travail de classement des dessins de Nestor l’Hôte, son cousin, qui avait accompagné Jean-François Champollion en terre égyptienne, à la fin des années 1820. Portrait d'Auguste Mariette

Il décide alors de tout quitter et de se rendre à Paris où un petit emploi l’attend au Musée du Louvre. C’est là qu’il étonne les éminentes autorités de l’égyptologie française de l’époque, par toutes les connaissances qu’il a acquises seul.

Nous en sommes en 1850 quand il obtient une mission en Égypte dans le but d’acquérir, pour le Louvre, un lot de manuscrits coptes. Cette mission se conclut par un échec cuisant: les moines refusent de le recevoir en raison d’un “pillage” récent commandité par une autre nation étrangère… Désoeuvré, Mariette se rend sur le site de Saqqara où l’attend, sous forme d’un sphinx à-demi ensablé, le début d’une grande aventure archéologique: la découverte du Sérapeum, lieu d’inhumation des taureaux Apis.

Grâce à ce succès, et à l’amitié de Ferdinand de Lesseps, Auguste Mariette convainc le khédive Saïd Pacha de mettre en place un Service des Antiquités, dans le but de protéger les antiquités mises au jour en Égypte. Il prendra la tête du Service en 1858. L’année suivante, il obtient l’autorisation de créer un Musée destiné à exposer ses différentes trouvailles.

Statue d'Auguste Mariette dans les jardins du musée égyptien du Caire (Tahrir Square)

Statue d'Auguste Mariette dans les jardins du musée égyptien du Caire (Tahrir Square)

Auguste Mariette décrit par son ami, le Vicomte de Vogüé: la découverte du Serapeum

“Il y passa trois années, les années maîtresse de sa vie, dures, horribles, et qui plus tard remontaient bénies et lumineuses dans son souvenir. […]

Découverte par Auguste MarietteTout conspirait contre lui, les éléments, le désert, les hommes, la maladie, l’ophtalmie, cette plaie d’Égypte, qui menaça à plusieurs reprises de clore les yeux du chercheur usés par les hiéroglyphes. La misère le paralysait. Et tout cela n’était rien, mais l’agonie de l’esprit, la perte incessante du fil conducteur, la voie égarée dans les allées de sphinx, le but entrevu et fuyant, le doute affreux sur son calcul, sur son idée, le cauchemar de mourir avant de toucher le port, que dire de ces tortures? Rien, sinon qu’il serait difficile d’exagérer la force morale de l’homme qui en est sorti vainqueur.

C’était de sa bouche qu’il fallait entendre le récit de l’épreuve et mieux encore celui du triomphe; quand, dans la nuit du 12 novembre 1851, une porte ayant été dégagée du sable, les torches des Arabes illuminèrent soudain la profondeur des galeries et les sarcophages géants des chapelles, couvertes de pages d’histoire; quand le solitaire de Saqqarah, tremblant, croyant à un rêve, à tâtons dans les froides ténèbres qui éteignaient les torches, marqua le premier pas humain à côté de l’empreinte laissée sur le sable, il y a deux mille ans, par le dernier pèlerin sorti du Serapeum. Il est vrai de dire que ce récit, Mariette l’achevait rarement sans peine: avant qu’il pût finir, sa voix devenait sourde, humide, quelque chose l’étranglait.

Sur la photo ci-contre, on peut voir Auguste Mariette assis sur la gauche.

A lire :