Anubis, Seigneur de la Nécropole

Arnaud Quertinmont

 

Figure gerzéenne d'un canidé provenant d'al-Ahaiwa (Haute Egypte),  conservée au Phoebe Hearst Museum of Anthropology, University of California at Berkeley.

Figure gerzéenne d’un canidé provenant d’al-Ahaiwa (Haute Egypte),

conservée au Phoebe Hearst Museum of Anthropology,

University of California at Berkeley.

HOULIHAN P.F., The Animal world of the pharaohs, le Caire, 1996, p. 81.

Dès les temps les plus reculés, de nombreux « chiens errants » parcouraient les étendues désolées qu’étaient les nécropoles, à la recherche de nourriture, n’hésitant pas à déterrer les corps inhumés. Partant de ces observations, les Egyptiens chargèrent ces canidés de la garde et de la protection des nécropoles, annihilant ainsi l’acte négatif que constituait l’exhumation des corps au profit d’une bienveillante protection divine.

Les divinités canines, dont Anubis fait partie, étaient désignées dans les textes par l’appellation générique de sab, que nous traduisons par chacal. Cette interprétation est plus une convention qu’une réalité. Il est en effet difficile d’identifier l’espèce exacte qui se cache sous chaque divinité canine, différenciation qui n’est d’ailleurs guère importante. En effet, les Egyptiens eux même ne faisaient apparemment pas de distinction entre les différentes espèces. Néanmoins, dans un souci d’exactitude, il nous faut indiquer que l’appellation « chacal » est une erreur zoologique. En effet, divers chercheurs prouvèrent que le vrai chacal n’avait jamais existé en Egypte. Anubis est donc considéré, à tort, comme un chacal dans de nombreux ouvrages de même que dans l’imaginaire collectif, ce qui résulte plus d’une mauvaise habitude que d’une certitude.

Les spéculations théologiques ont donné à Anubis diverses ascendances dans le temps et dans l’espace. Néanmoins la plus connue est celle qui lui donne Osiris pour père et Nephtys pour mère. Représenté sous une forme animale ou hybride, il préside à l'embaumement et accompagne les défunts dans l'au-delà.

 

Chapitre 125 du papyrus d'Hounefer, British Museum.

Chapitre 125 du papyrus d’Hounefer, British Museum

Lorsque les défunts paraissent devant Osiris pour être jugés, Anubis place leur cœur sur un des plateaux d'une balance, et une plume (représentant Maât) sur l'autre. Il est également celui qui veille sur le tombeau et l’intégrité du corps du défunt

Anubis

Anubis sur un coffret, tombe de Toutankhamon (KV 62).

Musée du Caire T.447,

18e dynastie (1354-1346 avant J.-C.).

http://www.ashmol.ox.ac.uk/gri/4tut.html,

n°261