Etude sur l'identification du signe ankh, lié à la notion de vie ...

Dr Michèle Broze

 

Le signe Ankh et sa translitération

Le signe Ankh en hiéroglyphe et sa translitération

Noeud magique, étui pénien, courroie de sandale ... ou vertèbre de taureau:

Que représente le signe hiéroglyphique de la vie ?

Il est paradoxal que le signe hiéroglyphique le plus connu, celui qui signifie la vie, vivre, semble échapper à une identification matérielle qui fasse l'unanimité chez les égyptologues. L'excellente grammaire publiée récemment par Jean Winand et Michel Malaise (Grammaire raisonnée de l'égyptien classique, Liège, 1999) mentionne pour le signe : noeud magique ou étui phallique, avec un point d'interrogation. James P. Allen, dans son récent ouvrage Middle Egyptian. An Introduction to the Language and Culture of Hieroglyphs (Cambridge, 2000), identifie le signe comme une courroie de sandale.

Pourtant, dès 1982, la revue Anthropological Linguistics publiait une nouvelle hypothèse d'identification pour ce signe omniprésent dans les textes égyptiens (Egyptian beliefs about the bull's spine: an anatomical origin for ankh, Calvin W. Schwabe, Joyce Adams and Carleton T. Hodge, Anthropological Linguistics, volume 24, Number 1, Spring 1982, p. 445-479). Malheureusement, cet article n'a pas atteint comme il le méritait le monde égyptologique dans son ensemble.

C'est pourquoi il m'a paru utile d'en citer ici les références et de donner plus de diffusion à cette interprétation, qui se fonde sur des données égyptiennes et intègre les recherches d'égyptologues comme Jean Yoyotte ou John Baines.

Les auteurs rassemblent d'abord une série de documents montrant l'importance de la colonne vertébrale comme siège du sperme et de la vie pour les Egyptiens, et sa récurrence dans les textes et l'iconographie qui touchent à la renaissance du défunt. On se souvient notamment qu'à la douxième heure de l'Amdouat, le soleil et sa suite passent par la colonne vertébrale d'un grand serpent pour y trouver le rajeunissement. Ce serpent se nomme "le k3 de celui qui fait vivre (ankh) les dieux"

12 heure

La 12 heure

Ils comparent ensuite les caractéristiques formelles du signe ankh avec celle des vertèbres animales et proposent de l'identifier à une stylisation d'une vertèbre de taureau. Ils supposent, pour expliquer la forme du signe, que le canal de la vertèbre, qui servait peut-être d'objet rituel, était élargi.

Ils comparent ensuite les caractéristiques formelles du signe ankh avec celle des vertèbres animales et proposent de l'identifier à une stylisation d'une vertèbre de taureau. Ils supposent, pour expliquer la forme du signe, que le canal de la vertèbre, qui servait peut-être d'objet rituel, était élargi.Ils comparent ensuite les caractéristiques formelles du signe ankh avec celle des vertèbres animales et proposent de l'identifier à une stylisation d'une vertèbre de taureau. Ils supposent, pour expliquer la forme du signe, que le canal de la vertèbre, qui servait peut-être d'objet rituel, était élargi.

Fondée sur de solides arguments anatomiques et sur les documents égyptiens, l'hypothèse proposée par les auteurs de l'article nous a peut-être enfin donné une solution à cette irritante question.

J'espère par cette note la faire connaître et la soumettre à la réflexion.

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