Auteur : René Preys - Conception graphique : Jean-Pol Schrauwen

Description des planches :

  • Planche III
Papyrus d'Ani - planche 3

La scène de la psychostasie ou pesée du coeur (chapitre 125) est une des scènes qu'on rencontre le plus fréquemment dans l'iconographie funéraire des anciens Egyptiens. Chez Ani, cette scène est représentée à deux reprises: aux planches 30-33 qui reprennent le texte et une représentation moins détaillée de l'action et aux planches 3-4 où la scène est particulièrement développée.

Papyrus d'Ani - planche III- détail1

Ainsi, le centre de la scène est occupé par une grande balance vers laquelle s'avance respectueusement le couple. Elle est surmontée d'un babouin, animal sacré de Thot, dieu détenteur du savoir, nécessaire au bon fonctionnement de la balance et garant de l'exactitude de la pesée. Sur le plateau gauche de la balance est placé le coeur du défunt (). Le coeur (voir les chapitres 26, 30B, 29, 27, planche 15) est pour les Egyptiens le siège du caractère, des sentiments, de la mémoire et de l'intellect. C'est grâce à son coeur que l'Egyptien reçoit son individualité et aussi sa liberté de penser et d'agir. Ainsi peut-il suivre ou négliger les enseignements des dieux. Lors de la pesée, le coeur est interrogé par le tribunal d'Osiris (voir planches 30-33); à ce moment, les dieux peuvent établir si le défunt a vécu selon les instructions de Maât, la déesse personnifiant les lois de l'ordre divin. Cette déesse est évoquée par la plume d'autruche qu'elle porte normalement sur la tête, et qui occupe ici le plateau droit de la balance. Au-dessus du coeur se tient le ba du défunt, l'oiseau à tête humaine qui suit le mort pendant son voyage (voir le chapitre 61, planche 15; les chapitres 89, 91, 92, planche 17): il attend le résultat de la pesée. Si la balance est en équilibre, le défunt est proclamé "juste de voix" et peut aborder le royaume d'Osiris. Anubis, le dieu à tête de chacal, vérifie l'aiguille de la balance.

Planche III - détail n°2

Papyrus d'Ani - planche III- détail2

Il communique le résultat à Thot, figuré cette fois avec une tête d'ibis, tenant en main la palette de scribe, l'instrument de sa fonction. C'est sur elle qu'il consigne le résultat de la pesée. Si ce dernier était désastreux pour le défunt - jamais cette issue fâcheuse ne figura sur un Livre des Morts - il était livré à la Grande Dévoreuse, le monstre à gueule de crocodile, corps de lionne, et arrière-train d'hippopotame, à l'affût derrière Thot.

Le dieu Thot inscrivant le nom de pharaon sur l'arbre sacré ISHED
Le dieu Thot inscrivant le nom de pharaon
sur l'arbre sacré ISHED

A gauche de la balance, trois autres personnages sont présents. Le dieu Shai personnifie le destin établi pour l'enfant dès sa naissance. Cette naissance avait lieu sur les briques de naissance dont un exemplaire figure au-dessus du dieu. Le plus souvent, les scènes de psychostasie sont illustrées par deux briques de naissance, Shai et Renenet. Cette dernière déesse qui, elle aussi, est liée au compte des années et à la bonne fortune du nouveau-né, est associée dans l'iconographie à la déesse Meskhenet, personnification des briques de naissance, dont le nom est déterminé par un lit (voir ci-dessous).

Les briques de naissance
Détail: les briques de naissance

Le dieu Shai
Le dieu Shai

Le nom du dieu Shai
Les déesses Meskhenet et Renenutet
Les déesses Meskhenet et Renenutet



le nom des déesses

1) Meskhenet
2) Renenutet

Au-dessus de cette scène trônent les dieux de l'Ennéade qui forment le tribunal d'Osiris. On y retrouve Rê, Atoum, Shou et Tefnout, Geb et Nout, Isis et Nephthys, Horus, Hathor, Hou et Sia.

Dieux de l'Ennéade

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