Les fils d’Horus

Les fils d’Horus sont au nombre de quatre : Amset, Douamoutef, Qebehsenouf et Hapy. Ils ont respectivement une tête humaine, une tête de chien, de faucon et de babouin. Selon certaines sources, ils seraient les fils d’Isis et d’Haroëris.
Les quatre divinités sont connues depuis les Textes des Pyramides, aidant le défunt à monter au ciel, mais ce n’est qu’à partir du Moyen Empire qu’elles sont regroupées dans un collectif fixe. Les fils d'Horus sont alors fortement liés à la momification ce qui explique leur rôle de protecteur d’Osiris. On leur attribue plus spécifiquement la protection des viscères.

  • Amset est le gardien du foie,
  • Douamoutef de l’estomac,
  • Qebehsenouf des entrailles,
  • Hapi des poumons.

À partir du Nouvel Empire, leurs têtes figurent sur les quatre vases canopes contenant les viscères embaumés. Les textes des canopes combinent alors les quatre fils d’Horus avec quatre déesses respectivement Isis, Neith, Selkis et Nephthys.

Le nombre quatre évoque la totalité spatiale de leur protection et les quatre sont dès lors liés aux quatre points cardinaux (Amset=Sud, Douamoutef=est, Qebehsenouf=ouest, Hapy=nord). Ils entourent ainsi des quatre côtés le sujet à protéger et leur fonction de protecteur peut alors s’étendre au corps entier, ce qui explique qu’ils figurent aux quatre coins des sarcophages. La vignette du chapitre 151 (planche 33-34 du papyrus d’Ani) montre les quatre fils entourant la salle du sarcophage où Anubis est en train de momifier le corps du défunt.

Les quatre fils d'HORUS : Qebehsenouf, Douamoutef, Amset et Hapy
Les vases canopes : Qebehsenouf, Douamoutef, Amset et Hapy

Les canopes

Depuis l’introduction de la momification, les Egyptiens ont retiré les viscères du corps afin de les traiter séparément. Les plus anciennes attestations de vases contenant les viscères datent de la 4e dynastie, bien que dans plusieurs cas il pourrait s’agir de coffres à viscères sans emploi de vases (voir par exemple le coffre à viscères de la reine Hetepheres). À partir de la 5e dynastie, la règle veut qu’il y en ait quatre. Les vases ont toujours eu un corps bombé bien que leurs dimensions et leurs matériaux peuvent varier. Ce n’est qu’à partir de la 1e Période Intermédiaire qu’apparaissent les premiers couvercles à tête humaine. Au Moyen Empire, les vases sont placés sous la protection des quatre fils d’Horus. Ceci est énoncé par les textes que l’on place sur le corps des canopes. Ce texte nous donne les paroles des quatre déesses (Isis, Neith, Selkis et Nephthys) protégeant les quatre fils d’Horus (respectivement Amset, Douamoutef, Qebehsenouf et Hapy) qui protègent à leur tour le défunt. À partir de l’époque ramesside, les couvercles prennent la forme des têtes respectives de ces quatre divinités : tête humaine, de chien, de faucon et de babouin.

A la 3e Période Intermédiaire, l’usage des vases se perd. Après avoir placé les viscères et une figurine d’un des fils d’Horus dans un linceul, on replaçait les paquets dans le corps. Les vases réapparaissent à partir de la 25e dynastie pour ne plus disparaître. Les canopes pouvaient être placés soit à l’intérieur du sarcophage, soit dans un coffre spécialement conçu pour les recevoir.

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©Egyptologica 2002 - René Preys/Jean-Pol Schrauwen